Status : En cours d'écriture
Histoire : Le Paladin de l'ouest
Auteur : Bert
Chapitres : 1 -
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17Chapitre 9 Le soleil toucha bientôt à son zénith, jetant ses rayons ardents sur une scène désolée.
Les caravanes étaient renversées, les provisions et les marchandises éparpillées dans tous les sens et le sang chaud se mêlait au sable brûlant ; je retrouvais même la couverture, sous laquelle j'avais dormi, complètement déchirée. Ils avaient tous étaient massacrés: hommes, femmes et enfants. Parmi les cadavres, se trouvaient aussi une demi-dizaine de corps infernaux: fruit d'une moindre résistance qui fut vaine.
« Bon, fit calmement Selrak, au moins ils n'ont pas étés ressuscités. »
Le nécromancien avait raison. Le sort de ces nomades aurait pu être bien pire, et il en était de même pour nos trois compagnons, dont les cendres étaient à présent enterrées dans une oasis non loin de Luth-Golein.
« Il ne nous reste plus qu'à faire le ménage, continua machinalement le magicien.
– Non, » coupa le Paladin.
Il avait retrouvé son calme et son assurance habituelle, mais ses yeux avaient perdu leur lueur sereine pour laisser place à un éclat de colère.
« Le sang est encore frais et les cadavres sont chauds, expliqua-t-il. Les démons qui ont commis ces meurtres ne doivent pas être loin. Nous pouvons les rattraper.
– Écoutez, reprit Selrak en essayant de cacher son exaspération, démons à proximité ou pas, la meilleure chose que nous puissions faire à présent est de nous assurer que ces corps ne serviront jamais de pantins à nos ennemis. Chaque chose en son temps.
– Vous avez raison, gronda Jobin, chaque chose en son temps ! Si nous brûlons ces corps maintenant, les démons auront le temps de prendre assez d'avance pour que nous ne puissions plus les rattraper ! »
Je ne savais quel parti prendre. Je trouvais les paroles de Selrak beaucoup plus censées, il semblait avoir déjà vécu ce genre de situation. D'un autre côté, j'avais vraiment envie de venger cette famille de marchands qui nous avait escortés à travers le désert et je savais que cela était possible grâce à l'aide de Gormondriel. Et de plus, si les démons ne l’avaient pas fait à présent, qui nous disait qu’ils reviendraient pour relever les corps ?
« Scindons notre groupe, proposai-je. Deux d'entre nous peuvent rester et s'occuper des cadavres, tandis que les deux autres partiront chasser les démons: en l’occurrence Selrak et moi. »
Ils me questionnèrent du regard quant au choix du groupe que j'avais fait.
« Sylvain doit faire les aumônes pour ces nomades. Moi, je bénéficie de la puissance d'un archange, je suis donc celui qui a le plus de chance de m'en sortir en cas de rencontre avec des démons. Quant au choix de celui qui m'accompagnera, nous savons tous que je m'entends beaucoup mieux avec Selrak qu'avec Jobin. Est-ce convenu ?
– Hors de question que je m'occupe de la dépouille de ces nomades alors que les assassins de Jobias et de Cadin se promènent tranquillement dans le désert ! »
Le prince était catégorique et il partait déjà, suivant les traces on-ne-peut-plus claires sur le sable. Je regardai les deux autres. Les mouches commençaient à s'accumuler. Dans cette chaleur, l'odeur des cadavres était vraiment insupportable.
Tant pis !
Je rattrapai Jobin et nous partîmes à la poursuite des démons, tandis que le nécromancien jetait un regard perplexe au lieu du crime.
« A quoi penses-tu ? l'interrogea Sylvain.
– Je me disais qu'on avancerait plus vite si ces nomades nous aidaient à les enterrer.
– Un conseil, rétorqua le paladin. Oublie. »
Et il récita une prière:
Louée soit la grâce suprême !
Louée les voix de la lumière !
Que les anges parsèment
Le salut en toute terre !
Qu'en toute vérité,
Nous trouvions la merci !
Soyez donc pardonnés,
Dieu a repris la vie !
Louée...
« Attends ! ordonnai-je. Cela ne sert à rien de marcher aussi vite pour rattraper les démons, si au moment du combat nous sommes complètement épuisés ! »
Mais Jobin avait trop d'orgueil pour m'écouter. Pourtant lorsque nous eûmes atteint le sommet d'une dune, nous pûmes contempler les traces de pas qui serpentaient au loin dans le désert, s'éloignant de Luth-Golein. De toute évidence, il nous faudrait beaucoup marcher avant d'espérer rattraper les agresseurs qui avaient massacré les nomades. Je lançai un regard interrogateur à mon compagnon, qui se contenta d'avancer, en gardant un rythme plus lent mais plus régulier.
La ville disparut bientôt derrière les dunes du désert – peut-être aurions-nous dû y quérir de l'aide ?
« Au vu des pas, commenta Jobin, il doit y avoir une vingtaine de démons... Ça risque de ne pas être facile à un contre dix.
– Je te rappelle que nous sommes trois. »
Notre chasse, ou plutôt notre marche, dura quelques heures, sans que nous apercevions la moindre silhouette de démon à l'horizon. La chaleur était éprouvante et nous n'avions pas songé à apporter de l'eau, après tout, nous ne pensions pas qu'il nous faudrait autant de temps pour rattraper nos ennemis. Je ne pus m'empêcher de regarder l'aristocrate: il avait tout de même la face amochée, bien que son nez ait été remis en place... J'avais vraiment été bête de perdre mon sang froid. Comment en étais-je arrivé là ? Bien-sûr l'attitude de Jobin m'avait exaspéré depuis le début de ce voyage mais pas au point de lui flanquer un crochet dans la figure. Après tout il était un de mes alliés dans ma lutte contre Diablo. Était-ce la vision cauchemardesque des trois cadavres pendants à un arbre qui avait provoqué cette réaction ? Avais-je cédé... à la folie ? Il semblait réaliste que ma santé mentale ait été bousculée par les évènements de ces dernières semaines... mais je n'étais pas fou. Non. Juste un peu fatigué. Oui, voilà, ça devait être cela, l'épuisement, le choc... rien de plus.
Lorsque le soleil s'enfonça dans l'horizon, nous aperçûmes les vielles ruines d'un temple, à quelques dunes de notre position. Des piliers s'élevaient des sables, entourant un monument effondré sur lui-même, l'absence de toit exposait son intérieur au grand air. Cela devait avoir été un édifice important autrefois, ou tout du moins, tel était ce qu'indiquait sa grande taille. Puis, en nous approchant, nous nous rendîmes rapidement compte que les démons s'éparpillaient sur le site, et nous nous abaissâmes tout de suite derrière une dune pour ne pas être repérés.
Je levai tête pour inspecter les lieux. De loin, on aurait dit des soldats humains, mais à leur vêtement sombre ainsi qu'à leur quasi-immobilité, on pouvait reconnaître que ces individus n'avaient rien de vivant. Quelques gardes étaient postés aux extrémités du site, mais la plupart avait la tête tournée vers le centre, où se dressait un autel de pierre, ancien cœur du temple: les dernières torches qui pendaient au mur étaient allumées et jetaient des ombres chatoyantes sur les piliers à demi-écroulés. Impossible de distinguer plus de détaille sans s'approcher.
« Sauf qu'on ne pourra le faire sans se faire repérer par les sentinelles, objecta Jobin. Il serait dommage de perdre l'effet de surprise.
– Bon, il est temps de faire appel à notre troisième compagnon. »
Je sortis la relique des rogues de son fourreau, et l'éclat de lame à la Lune jeta une lueur bleue sur nos visages.
«
Ardas Illuminati ! »
L'épée se mit à trembler, sa luminosité s'intensifia, gagna en puissance. Je craignais que cela ne nous fasse repérer, mais bientôt, la lumière s'arracha de l'épée pour devenir une lueur ondulante dans l'espace et voltigeant à sa guise dans les airs, tout en laissant raisonner une note aigu dans son sillage. Tout d'un coup, la boule lumineuse éclata en un flash et nous fûmes aveuglés quelques secondes durant. Puis lorsque nous eûmes recouvert la vue, le monde extérieur était devenu flou, seul Jobin et moi semblions encore appartenir au réel... ainsi que la figure bleutée de Gormondriel.
Le prince jeta un regard complètement surpris vers le divin, il semblait presque avoir peur, mais l'aura de l'ange était rassurante, il comprit bientôt qu'il avait face à lui un puissant être originaire des Cieux, et sans crainte, il contempla impressionné la beauté de ce qui s'était matérialisée devant ses yeux.
« Salutation mortels, commença-t-il de sa voix ample, tout en baissant la tête.
– Bonsoir, Gormondriel, fis-je plus tranquillement. Nous pourrions avoir besoin de vos pouvoirs pour le combat.
– Ma puissance a beaucoup décru depuis mon arrivée en ce monde..., continua-t-il. Avant d'engager la bataille, je pense qu'il serait bon d'en apprendre un peu plus sur nos adversaires.
– Comment ? osa Jobin. Sans votre aide, nous ne pouvons pas risquer de nous approcher des sentinelles. »
L'ange eut alors comme un petit ricanement.
« Ne vous en êtes fait pas, seigneur de la Marche Blanche, vous ne vous ferez pas repérer. »
Il y eut un nouveau flash et le monde reprit sa forme originelle. L'ange était à nouveau cette lumière volante et à peine avions-nous eu le temps de reprendre nos esprits, que Gormondriel se précipita vers les ruines du temple. Un peu sonné au début, nous nous mîmes à courir pour ne pas perde le fantôme qui se déplaçait à une allure impressionnante. Nous nous approchions de plus en plus, les gardes devaient maintenant nous apercevoir d'autant que nous étions devancés par une lumière éclatante dans l'obscurité de la nuit. Mais ils ne bronchèrent pas, laissant leur regard vide se perde dans l'horizon, exécutant leur rôle de sentinelle sans vraiment croire à son utilité. Bientôt, nous pénétrâmes les ruines du temple, où des mort-vivants en tenue de guerre étaient assis sur des rochers écroulés, et faisaient face à un autel, au centre du monument. Amusés par le sortilège d'invisibilité jeté par l'ange, nous prîmes place à côté de nos ennemis et contemplâmes une scène bien étrange.
L'autel était une sorte de sarcophage de pierre, poussiéreux et couvert de sable, sur lequel se jetaient les ombres menaçantes des démons. Mais le plus fascinant était les runes gravées dessus, qui scintillaient à la lueur de la Lune et émettaient une lumière bleuâtre, contrastant avec l'éclat rouge des torches. Les bras ligotés, deux hommes et une femme étaient agenouillés devant le mystérieux autel, la tête inclinée vers le sol, n'osant la relever pour regarder leurs lugubres spectateurs. Je reconnus alors trois des nomades avec qui nous avions traversés le désert. Un des hommes était celui que Sylvain avait payé pour le voyage. Le second ne me revenait que vaguement à l'esprit. Quant à la femme, elle cachait son visage derrières ses cheveux d'ébène, légèrement bouclés à leur extrémité. Il me semblait reconnaître une des mères de famille du clan.
Ma gorge se noua. Il était probable qu'elle ait perdu toute sa famille au cours du massacre plus tôt dans la journée.
Derrière l'autel, jaillit une silhouette drapée d'une longue cape bleue, à l'allure légèrement courbée en deux. Cette fois-ci, ce fut au ventre que je ressentis un malaise, comme si quelqu'un m'y enfonçait une dague acérée. Le nouvel arrivant masquait son visage derrière l'ombre de sa capuche mais je reconnus avec effroi celui qui avait été mon plus fidèle ami.
« Qui êtes-vous ? » demanda le marchand que j'avais reconnu. Sa voix était dur, presqu’impératif, et il ne levait pas la tête.
L'intéressé marcha lentement vers son prisonnier avant de s'agenouiller devant lui, exposant ainsi son visage à la lueur mystique des runes. Il posa sa main sur l'épaule du nomade qui frissonna en ressentant ce touché glaciale.
« Mon nom est Hypérion, dit-il doucement. Ne crains rien, marchand. Je suis venu t'offrir une seconde chance. »
L'interpellé se contenta de fermer les yeux.
« Je ne pactiserai pas avec votre race infâme »
Il cracha.
Hypérion se releva et trancha la gorge du nomade.
La femme poussa un crie de terreur, un spasme parcouru tout le corps de Jobin qui se releva d'un bond brusque, le dernier prisonnier secoua la tête en gémissant. J'étais comme en transe. Je ne voulais pas intervenir. Je voulais comprendre ce qu'était devenu Hypérion. Cet exécution, avait-elle était un acte de cruauté... ou de générosité ? Voyant mon calme, Jobin se rassit, ravalant sa salive et essayant de ne plus perdre son sang froid.
Hypérion s'avança vers l'autre homme.
« Allons, allons, ne t'en fais pas, dit-il d'une voix presque paternel. Personne ne ressuscitera ton compagnon. Vois-tu, il n'y a pas de nécromancien dans mon régiment. »
L'homme éclata en sanglot, il se mordait les lèvres mais un son aigu s'échappa de sa gorge.
« Je ne veux pas mourir... »
Ses lèvres tremblaient. Cette réplique intrigua le fantôme.
« Mais tout le monde mérite de mourir, soupira-t-il, comme si cela était la plus fondamentale des évidences. Puis son regard s'intensifia: Il y a ceux qui souffrent et pour qui la mort est une délivrance... et il y a les lâches, qui jouissent de la vie parce qu'ils refusent de voire la souffrance des autres. J'ai souffert et j'ai vu les lâches. Et je pense que ni les lâches, ni ceux qui souffrent ne méritent de vivre ! »
Il cracha sur le cadavre de sa dernière victime. Ses yeux s'étaient enflammés, il était complètement immergé dans son raisonnement, et affichant un sourire plein de fierté, il leva les mains vers le ciel et cria:
« Oui ! Tout le monde mérite de mourir ! »
Le morts se levèrent en cœur et commencèrent à s'exciter, acclamant leur capitaine, répétant ses mots, épris d'une euphorie malsaine. Bon, au moins le verdict était fait, mon ancien camarade était devenu fou.
D'un signe de la main, Hypérion calma son régiment.
« Je sais que ce n'est pas facile, fit-il doucement en s'adressant à nouveau au nomade. Comment accepter une telle conclusion ? Vois-tu, moi, c'est un peu avant ma mort que cela m'a traversé l'esprit. Tu sais, ce n'est pas un démon qui m'a tué. Une femme m'a éventré et plutôt que de m'achever, mon compagnon a voulu essayer de me sauver, parce qu'il était trop lâche pour voir que je souffrais. Au début, j'ai lutté. J'ai lutté pendant des heures pour rester en vie. Des heures d'agonie inutile ! »
Ses dents se serrèrent tandis qu'il se remémorait les derniers moments de sa vie. Puis un sourire bêta se dessina sur son visage:
« Ensuite, j'ai succombé... C'était peut-être la sensation la plus agréable qu'on puisse ressentir. Je croyais avoir enfin droit au repos. »
Un calme profond s'instaura alors dans la salle. Cette fois, même le nomade écoutait Hypérion attentivement, ses larmes s'étaient séchées sur ses joues rouges. L'ancien capitaine de Westmarch regarda ses mains blanchâtres et reprit d'une voix neutre:
« Mais il en fut autrement. »
A nouveau un silence noya le temple. L'air frais de la nuit pénétrait à présent la salle. Jobin était complètement absorbé par ce spectacle infernal, moi je me demandais s'il ne serait pas temps de passer à l'action. Au-dessus de nous, la lumière du divin voltigeait dans les airs, faisant des boucles, comme si elle attendait tranquillement.
« Je n'ai pas eu de choix, continua le mort-vivant. Mais tu en auras un. Tu peux mourir et reposer en paix, ou tu peux te joindre à nous. Personne ici ne l'est contre son gré. Nous sommes une confrérie de démons et d'humains, unis sous les bannières de Diablo, parce que nous pensons que la destruction est le seul moyen de guérir les souffrances et la mauvaise foi humaines. Tu as vécu une vie vaine. A présent, tu as une seconde... et dernière chance. »
Le visage du nomade se durcit. Il jeta des yeux d'éclair vers le démon.
« Si j'accepte ta proposition, laisseras-tu Aldéra partir, sans la tuer ?
– Non, fit calmement Hypérion, après un temps.
– Alors, je t'attendrais en enfer, démon ! »
Il y eut un sifflement, et un carreau transperça le front de l'impudent. Son corps tomba comme un bœuf sur le sol de pierre. L'attention s'était à présent tournée vers l'arbalétrière qui avait tiré, il s'agissait d'une femme... et au teint de sa peau, elle était encore vivante ! Elle portait une tunique blanche recouverte par une armure et des bottes en cuir noir. A sa ceinture pendaient moult couteaux, et sur son dos se trouvait un carquois rempli de carreaux. Il était difficile de discerner son visage, elle portait un large chapeau de paille, ce qui contrastait étrangement avec le reste de son accoutrement militaire. Cela dit, quand les visages se tournèrent vers elle, elle était en position de tir, ce qui lui conférait une allure assez impressionnante.
« Et bien Rhana, salua Hypérion, je vois que tu as encore réussi à duper mes sentinelles ! Moi aussi, de mon vivant, j'aimais bien les surprises, ricana-t-il.
– Salut Capitaine, répondit l'interpellée, en rangeant son arbalète sur son dos. C'est Torgan qui m'envoie. »
L'humaine se précipita au milieu de l'assemblée de mort-vivants, tenant un parchemin à la main qu'elle tendit à Hypérion.
« Il s'agit des plans d'attaque de la ville, expliqua-t-elle. La plupart des démons suivront Diablo jusqu'au tombeau de Tal Rasha, ce qui veut dire que nous n'aurons pas beaucoup de troupes à notre disposition pour tenir la ville. Cela dit, avec une bonne stratégie, rien n'est imprenable.
– Je suis surpris qu'ils t'aient laissé quitter le Monastère, commenta Hypérion en s'emparant du parchemin.
– Apparemment, reprit nonchalamment Rhana, ils ont besoin de moi pour tuer... un ange. »
Le capitaine s'immobilisa quelques secondes, puis se reprenant, il déploya la carte sur la table.
« Torgan lancera tout simplement un assaut frontal, commenta l'arbalétrière. Pour cela, il aura trois catapultes à sa disposition. Ses troupes garderont et assiègeront la ville, excepté la façade nord. Ce n'est cependant pas son régiment qui prendra la ville.
– Son rôle est de faire pression et diversion, acquiesça Hypérion. Et nous ?
– Vous, la façade Nord, continua Rhana. Il s'y trouve une seconde entrée. A tous les coups, il y aura des habitants désespérés qui essaieront de s'enfuir. Vous attendrez discrètement qu'ils ouvrent la porte pour rentrer.
– Et si les habitants décident de se cloitrer dans leur forteresse ?
– Alors nous passeront par les égouts. Cela dit, le passage des égouts est très facile à défendre, la route étant étroite, et nos adversaires ayant l'avantage de la hauteur.
– Vous voulez donc jouer sur l'élément de surprise..., songea le capitaine. Cela reste risqué.
– Je ne suis pas là pour discuter, s'impatienta la femme, mais pour te donner tes ordres. »
Rhana reprit le parchemin et s'apprêta à partir. A la place, elle s'arrêta, elle se tourna vers la femme nomade, et chargea son arbalète.
« Non ! »
Le sang bouillant, Jobin s'était levé pour hurler. Toutes les têtes se tournèrent vers lui, complètement surpris par sa réaction, avant de comprendre qu'il n'était même pas des leurs. Les armes furent dégainées, luisant sous le clair de Lune.
Terrassé par la passion du prince, le sortilège de l'ange s'était brisé !