Status : Terminée
Histoire : Les contes du Marais Sombre
Auteur : Arwen
Chapitres : 1 -
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8LITTERÆ I"Entrez, entrez noble visiteur... Peu loin du bois obscur, dans les marais, se cache ma tour. Venez, n’ayez pas peur, les chandelles et la cheminée sont éteintes, certes, mais la lune est haute dans le ciel, sa pâle clarté vous rassurera, n’est ce pas ? Je me présente : Comtesse Ersebet Bathory, maîtresse en ces lieux depuis longtemps...oubliés. Ma contrée et mon donjon sont calmes, vous y trouverez le repos."
C’est ainsi que pourrait commencer l’histoire de Gwynllyw Aeshan Aeslanan Coiltenean... des fois, la vie - ou la non-vie- ne tient qu’à un fil...
La Comtesse était, comme à son habitude, assise dans un fauteuil face à la cheminée, dans la crypte. L’air se faisait oppressant, et malgré le vent glacial qui soufflait dans la pièce, les légères flammes bleuâtres qui consumaient le bois de l’âtre vacillaient à peine. Le visage du démon n’était que grâce et douceur, pourtant, ses grands yeux dorés révélaient sa nature intérieure, vile et dangereuse.
L’air commença alors à se rafraîchir, le vent tomba, et du sol de la crypte, une odeur de terre mouillée embauma la pièce. Les larges dalles de pierre brute foncèrent légèrement,et, d’un léger orifice dans le mortier, un peu d’eau entra, puis se répandit sur toute la dalle, diluant une immense tache brune au sol, et le léger flot rosâtre continua son chemin pour venir s’écraser aux pieds de la Comtesse. L’humidité la réveilla de son engourdissement, elle se leva, et d’un geste sec, drapa sa cape autour de ses épaules. Elle gagna rapidement l’étage supérieur, et regarda nerveusement à travers un soupirail. La lune commençait à monter dans un ciel d’encre, et, au loin, le soleil se couchait sur Tristram, étendant à l’ouest ses nuées ardentes.
Le démon monta les quelques marches qui la séparait du premier étage, du moins, de ce qu’il en restait... Seul le plancher avait tenu bon, mais il était à moitié pourri par les intempéries, et les quelques poutres qui le maintenait commençaient à être en piteux état. Elle s’appuya alors sur un tas de pierres qui formait un petit muret, et regarda au loin, en direction du Bois Obscur. La pluie se mit à ruisseler sur son visage, et, tandis que la solitude la gagnait, mêlée d’amertume et de rancœur, elle attendait toujours, impassible, inlassablement...