Fanfiction Diablo II

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Le Roi Immortel

Par Alex
Les autres histoires de l'auteur

Chapitre 1 : Le Roi Immortel

Chapitre 2 : Natalya

Chapitre 3 : Une aide bienvenue

Chapitre 4 : Des Héros imprudents

Chapitre 5 : L'union fait la force

Chapitre 6 : La Tombe

Chapitre 7 : La bataille des Steppes

Chapitre 8 : Le camp des Rogues

Chapitre 9 : Attaques contre le camp

Chapitre 10 : La Grotte

Chapitre 11 : Retour au camp

Chapitre 12 : Dans les plaines

Chapitre 13 : Révélations

Chapitre 14 : Une nuit mouvementée

Chapitre 15 : Bloodraven

Cela faisait des semaines que je cherchais l'endroit que m'avait décrit ce vieil homme mourant, près d'un hameau décimé par les séides de Diablo. Enfin, je l'avais trouvé. Ce repaire d'où suintait une puanteur et une corruption telles qu'elles en étaient palpables. Moi, Dhraak le Barbare, surnommé : « Le Fléau des Démons », j'avais alors deux objectifs : nettoyer cet antre entièrement, afin d'assurer aux paysans du coin une vie un peu plus tranquille, et surtout, celui de récupérer le set d'objet du Roi Immortel. Il ne me manquait que le casque, la Volonté du Roi Immortel. Sans peur, j'avançais dans la grotte puante. Je n'y rencontre aucun monstre, jusqu'au moment où j'atteins le centre de celle-ci. Là se sont rassemblés tous les monstres de l'antre.

Sans hésiter, je m'élance au-devant de la horde grouillante, et je fracasse les premiers rangs de mon Marteau, le Pierrefendre du Roi Immortel. Ceux-ci sont presque inoffensifs pour moi, mais la seconde vague est plus redoutable. Je me retrouve à peiner et à lutter contre des zombies et autres monstres plus résistants. Entre deux coups de mon Marteau, je lève la tête, et j'aperçois l'une des raisons pour lesquelles je suis venu. Sur un autel de pierre que des années de présence mort-vivante n'ont pas altéré, la Volonté du Roi Immortel.

Le coup d'un zombie téméraire me tire de mes pensées. Bouillant de fureur, je déclenche mon Berzerk. Mes coups deviennent si puissants qu'ils éjectent les monstres brisés à plusieurs mètres. Il ne reste plus que quelques pauvres squelettes, qui tentent de s'enfuir. Cependant, ils n'ont pas fait trois mètres que, d'une Trombe, je disperse leurs os aux quatre coins de la pièce.

Après cela, je m'approche de l'autel, et donc du Casque. Au moment où je vais le prendre, un halo de lumière dorée l'illumine en même temps qu'il s'élève de quelques centimètres, et reste ainsi, flottant en l'air. Etonné, je recule, et le halo s'éteint, mais le casque reste en l'air quelques secondes, puis redescend sur l'autel. J'avance ma main, bien décidé cette fois à le prendre, mais la Volonté s'élève à nouveau, et vient se poser d'elle-même sur ma tête. Immédiatement, je sens sa grande puissance, puis celle que le set complet m'apporte. Après avoir ramassé les quelques gemmes qui traînaient, par réflexe, je repartis annoncer aux paysans qu'ils étaient à présent hors de danger.

Ensuite, la nuit tombant, je décidais de dormir à proximité du camp des réfugiés. Plus tard, dans la nuit, je me réveillais avec l'impression vague d'une présence étrange. Je regardai autour de moi, et j'aperçus la silhouette de l'intrus. Ou plutôt de l'intruse. Une jeune femme qui savait presque à la perfection se cacher dans l'ombre m'observe depuis un certain temps. Je fais semblant de rendormir, mais je garde les yeux entr'ouverts. Comme je l'ai prévu, la jeune femme se rapproche. C'est alors que je décide d'agir. Mon Marteau, étant près de moi, je n'ai aucun mal, en quelques mouvements, à le saisir et à me relever. J'adopte une position offensive, et la jeune femme, un assassin, une posture de double parade. Je lève Pierrefendre, qui semble effrayer la jeune femme, qui crie :

- Ne me fais pas de mal, je ne souhaite ni ta mort, ni la mienne. Je m'appelle Natalya.
A ce nom, je sursaute. Natalya, le célèbre assassin qui a vaincu à elle seule un régiment de soldats de Baal, ici ? Je soupire, puis pose une question :

- Tu es bien Natalya, car on te m'a décrit, mais pour quelle raison es-tu ici ?

- Je suis venue t'aider dans ta quête.

- M'aider ? Dans ma quête ? Je n'ai nul besoin d'aide ! Et d'abord, comment as-tu su où je me trouvais ?

- Tu crois peut-être que tu n'as besoin de personne, mais si je ne t'aide pas, tu vas périr dans ton combat contre les Trois Frères du Mal ! Quant au moyen par lequel j'ai su où tu étais, eh bien, il n'a aucune importance.

J'allais lui dire qu'avec le set du Roi Immortel, j'étais sûr d'être quasi-invincible, mais à ce moment-là, nous entendons le bruit caractéristique des serviteurs du Mal. Natalya se tourne vers moi, souriante, et me dit :

- Puisque tu n'as pas besoin de moi, je vais te regarder combattre !

Sur ces mots, l'assassin grimpe dans un arbre proche en quelques mouvements souples. Moi, je me prépare tranquillement à l'arrivée des sous-fifres du Mal. Je n'ai pas à attendre longtemps, deux ou trois minutes plus tard, ils sont sur moi. Des fanatiques. Petits et faibles seuls, mais dans le cas présent, c'est à dire très nombreux, ils sont redoutables, de plus, ils compensent leur faiblesse en matière de force de frappe par une étonnante rapidité.

Une Concentration rapide, et je me jette dans le combat. Malgré mes Cris de Guerre, je ne parviens pas à éclaircir les rangs des fanatiques, et même avec des Trombes, je n'arrive toujours pas à un résultat concluant. Résigné, après une dernière Concentration, je déclenche mon Berzerk.
Malgré le Berzerk, les fanatiques continuent de me harceler, et si je ne veux pas finir sous le nombre, je n'ai plus qu'une solution : appeler Natalya à mon secours, même si cela n'est pas pour me plaire.

- NATALYAAA !!!!!!!!

Aussitôt, Natalya saute de l'arbre d'où elle me regardait combattre, et atterrit sur un petit groupe de fanatiques surpris qui bientôt ne furent même plus en état de l'être. Dès que le combat fut fini, l'assassin m'interpella en ces termes :

- Alors, tu n'as besoin de personne ?

- C'est juste parce que j'étais fatigué, me défendis-je.

- Arrête d'essayer de te chercher des excuses, et vois la vérité en face ! Si je n'étais pas intervenue, tu serais mort, à l'heure qu'il est !

Je ne trouvai rien à répondre à cela, aussi Natalya poursuivit :

- Tu vois ! Allez, oublions ceci, et continuons notre route !

Avec un soupir, j'acceptai. D'ailleurs, l'ayant vu combattre, je me dis que le soutien de Natalya me serait fort utile. Nous décidâmes de rester ici jusqu'au matin, puis de partir à l'aventure. Avant de me rendormir, j'observai les armes de ma nouvelle amie.

- Qu'est-ce donc que ces armes ?

Natalya me dévisagea, puis me répondit :

- Ce sont des armes de la classe des griffes, des serpes suwwayah.

- Et... C'est puissant ?

- Très. De plus, avec l'une de mes compétences, je peux les empoisonner !

- C'était donc cela, ce qui avait rendu ces fanatiques verts, quand tu leur es tombée dessus ?

- C'était cela, en effet.

Sur ce, je m'endormis.

Le lendemain, après une nuit sans cauchemars, je fus réveillé par Natalya, qui ne supportait pas d'attendre que je me réveille de moi-même. Après avoir réparti nos affaires, nous partîmes. Je regardai en direction de mon amie, et constatait pour la première fois qu'elle était très belle. Contrairement à ses collègues, elle portait ses cheveux blonds foncé longs, et elle les rabattait derrière ses oreilles où elle les attachait, formant ainsi une queue de cheval, à l'exceptions de deux mèches, l'une sur le côté gauche, l'autre sur le côté droit. Sa beauté ne cachait pas sa musculature assez impressionnante.

Elle capta mon regard, et je baissai les yeux, gêné. Après plusieurs heures de marche silencieuse, bous arrivâmes à une grotte, similaire à celle que j'avais nettoyé la veille, mais qui semblait, vue de l'extérieur, plus grande, plus profonde, et aussi plus infesté par la corruption. Nous étions là, à contempler ce lieu désolé, quand nous entendîmes des bruits de pas.

- Quelqu'un vient, murmurai-je.

- Où plutôt, des personnes viennent.

Sans nous concerter davantage, nous nous cachons dans un bosquet proche. De là, nous voyons ceux qui affronter le Mal dans la grotte : un Paladin, une Amazone, et un Nécromancien. Ils entrent dans la grotte. Je n'entends pas un bruit pendant quelques temps, puis un horrible hurlement de terreur nous glace les oreilles. Nous nous regardons.

- On y va, proposai-je.

- On y va, acquiesça l'assassin.

Nous courons dans la grotte, trébuchant dans des cadavres de monstres variés, cherchant désespérément du regard les trois Héros qui s'étaient aventurés dans la grotte. Natalya les trouve en première, aux prises avec un énorme monstre que j'identifie comme étant un Seigneur venin.
Sans nous concerter, nous fonçons aux secours de ces Héros imprudents. Le Nécromancien est par terre, assommé, l'Amazone essaie de boire une potion de soins, et le Paladin se bat toujours contre le démon. Je crie à Natalya :

- Occupe-toi des deux autres, moi, je vais aider le Paladin !

- D'accord, mais fais attention !

- Ne t'inquiètes pas pour moi !

Sur ces mots, je pousse un Cri qui aurait dû faire fuir le serviteur des Enfers, mais cela ne le fait que reculer. Sautant par-dessus les corps des esclaves morts-vivants, j'atterris à côté du Paladin, qui étonné me demande :

- Qui êtes-vous ? Et pourquoi êtes-vous ici ?

Je réponds au servant de la Lumière :

- Tu ne crois pas qu'il vaudrait mieux remettre ça à plus tard ?

Après cela, le Seigneur venin revient sur nous. En le voyant si lent, j'ai une idée.

- Tiens seul quelques instant, hurlé-je au Paladin qui acquiesce.

Je prends mon élan puis saute exprès trop loin et trop haut. Je retombe derrière le démon qui se retourne trop lentement. Au moment où il se trouve face à moi, la lame du Paladin se fiche dans son dos et ressort par le ventre d'une dizaine de centimètres. Il baisse la tête, fixant l'épée qui l'a transpercé d'un oeil étonné et stupide, l'air de se dire : « Eh, mais qu'est-ce que ça fais là, ça ? ». Moi, profitant de ce moment d'inattention de la part du Démon, je lève mon marteau, et l'abat de toutes mes forces sur le crâne hideux qui se brise sous le choc. Nous ressortons ensuite, les trois Héros, Natalya et moi de la grotte enfin purifiée, et nous nous asseyons dans l'herbe fraîche.

- Eh bien, dis-je, je crois qu'il est temps de faire les présentations, non ?
- En effet. Je m'appelle Kordan, se présente le Paladin.

- Moi, je suis Gyal, renchérit l'Amazone.

- Et moi, mon nom est Thal-Karoulh, termine le Nécromancien.

- Fort bien, dis-je, quant à moi, mon nom est Dhraak le Barbare, et on me surnomme, d'où je viens, « Le Fléau des Démons ».

- Moi, c'est Natalya, dit l'assassin dans un murmure à peine perceptible.

- Natalya ?! C'est impossible, s'écrièrent d'une même voix les trois Héros.

- Et pourquoi donc, mes amis ?

Ils ne trouvèrent rien à répondre. Moi, je leur propose de faire la route ensemble, en dépit de la volonté manifeste qu'à Natalya de continuer chacun notre chemin. Je crois qu'elle commençait à beaucoup apprécier son tête-à-tête avec moi. Ils acceptent ma proposition, et le lendemain, nous poursuivons notre route. Soudain, au beau milieu de la route, nous y voyons un portail ouvert.

- Mais pourquoi y-a-t-il un portail ici, demande le Paladin.

- Aucune idée, répond le Nécromancien, mais je ne sens pas de traces de magie noire, je pense qu'on peut donc l'utiliser.

La plus réticente à passer le portail est Gyal. Manifestement, elle n'en a jamais franchi..

Une fois le portail franchi, la première chose que nous ressentons est le froid.

- Nous sommes chez moi, dans le Nord et ses steppes glacées, m'écrié-je.

En effet, nous étions dans l'une de ces steppes. Quelques secondes plus tard, nous voyons un vieillard qui s'approche de nous. Par mesure de précaution, je lève Pierrefendre.

- Vous n'avez pas besoin de cette arme, Barbare, je n'en ai aucune et je n'ai pas non plus de mauvaises intentions à votre sujet.

- Qui êtes-vous, vieillard, dis-je en baissant mon Marteau.

- Je suis celui qui a invoqué ce portail et vous ait ainsi attiré ici. Je m'appelle Robu.

- Pour quelle raison, interroge le Paladin.

- Je dois montrer quelque chose à Dhraak qui l'intéressera au plus haut point, quelque chose qui jouera un très grand rôle dans sa destinée.

- Et, bredouillé-je d'une voix tremblante, qu'est-ce que c'est ?

- La Tombe de votre arrière-arrière grand-père, le Roi Immortel.

De surprise, je laisse tomber mon Marteau par terre.
- Le Roi Immortel ? Lui, mon aïeul ? Te moques-tu de moi, vieil homme ?

- Non, Dhraak. Je ne me le permettrais pas. Cependant, si vous voulez avoir la preuve de la véracité de mes dires, laissez-moi vous conter comment le Roi Immortel périt, et ce qu'il advint de lui après sa mort.

Nous nous regardons. Dans tous les regards se lit l'incrédulité.

- Soit, dit le Paladin, nous vous écoutons.

Robu sourit, et commence son histoire :

« Il y a bien longtemps, le Roi Immortel fut appelé à participer à une bataille monstrueuse. Tous ses guerriers y périrent, mais lui survécut, on ne sait comment. Il parvint à s'enfuir avec sa famille, mais il tomba dans une embuscade. Des dizaines de Démons lui tombèrent dessus. Il essaya de se sauver, mais il fut tué. Malgré cela, sa famille réussit à s'échapper. Les Démons, ne pouvant toucher très longtemps le set que portait l'aïeul de Dhraak, le dispersèrent grâce à des sorts de téléportation. Peu de temps après, une expédition retrouva le corps du Roi, intact. On transporta donc son corps dans une Tombe creusée dans le sol, et ensorcelée de manière à ce qu'une seule personne soit capable de l'ouvrir : un descendant du Roi, et en possession du set de son aïeul. »

Le silence règne. Il est uniquement troublé par les hurlements du vent sur les plaines de glace, jusqu'à ce que je reprenne la parole :

- Et... où est cette tombe ? Et suis-je celui qui l'ouvrira ?

- Sinon, Barbare, je ne vous aurais pas attiré ici, j'ai d'autres problèmes.

- Tout cela est vraiment passionnant, crie Natalya, mais quelle importance ont des paroles sans preuve ?

Robu pose son regard sur l'assassin, et réplique :

- Si vous voulez des preuves, je vais vous en donner. D'ailleurs c'est ce que j'avais prévu de faire.

Sur ces mots, il nous téléporte dans un cimetière que je reconnais comme étant celui des Grands Rois Barbares de jadis.

- Mais, dis-je, des gens ont cherché la Tombe partout, et aussi dans ce cimetière, alors pourquoi nous avoir téléporté ici ?

Le vieil homme se tourne vers, et me réponds d'un air : « Mais combien de fois l'ai-je dit et redit ? »

- Ne vous ai-je pas dit qu'une seule personne serait capable de l'ouvrir ? Aujourd'hui, cette Tombe sera ouverte par vous, Dhraak, ainsi, vous aurez la confirmation du fait que vous êtes le descendant du Roi Immortel.

Ne doutant plus des paroles de Robu, notre petit groupe s'avance dans les tombeaux, impressionné par la présence toute proche des tombes des Rois qui régnaient sur le Nord il y a longtemps. Après quelques minutes de marche, nous atteignons un mur, devant lequel se trouve, gravé sur le sol, un pentacle de couleur argentée.

- Voilà, annonce Robu, nous y sommes. Maintenant, placez-vous sur le pentacle, et concentrez-vous.

- Mais comment savez-vous tout cela, interroge Thal-Karoulh.

- Il y a bien des choses que vous ne comprendriez pas, si je tentais de vous les expliquer. Celle-ci en fait partie. Allez, Dhraak, faites ce que je vous ai dit !

J'obéis, et, à l'étonnement général, sauf celui du vieillard, le pentacle s'illumine, et le mur s'ouvre, libérant un passage qui s'enfonce sous la terre gelée. Suivant le guide, nous descendons pour arriver finalement dans une très grande salle, au centre de laquelle se trouve un tombeau de pierre, avec, gravé dessus, le signe des Rois du Nord.

Après, je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris. Je me suis avancé devant la Tombe de mon arrière-arrière grand-père, et j'ai crié d'une voix qui ne ressemblait pas du tout à la mienne :

- En avant, mon aïeul. Votre héritier est arrivé. Il possède déjà votre set, mais il lui manque encore une chose, l'esprit de celui qui fut jadis un Roi Barbare considéré comme immortel !

Sur ces mots, le sol trembla, le set que je portais s'illumina, et tous purent voir un esprit sortir de la Tombe, prendre la forme d'un Barbare à l'air puissant, puis passer à l'intérieur de mon corps, dans un ectoplasme de lumière dorée, qui dura quelques secondes encore.

- Maintenant, je me sens invincible, hurlai-je, toujours sous cette influence qui m'apparaît aujourd'hui comme celle de l'esprit de mon aïeul.

Tous me regardaient d'un air effrayé. J'entrepris de les calmer, de leur dire que j'allai bien, qu'il n'y avait pas lieux de d'inquiéter.

Nous ressortîmes de la Tombe, puis du cimetière en discutant à propos de ce qui s'était passé sous terre. Le Nécromancien hasarda une explication. Selon lui, l'esprit du Roi Immortel n'avait pas quitté son corps, pour une mystérieuse raison, et, lorsque j'avais invoqué mon aïeul, cet esprit sortit de la Tombe, et passa à l'intérieur de mon corps. Robu pensait la même chose que lui. Les autres écoutaient simplement.

Nous sortons du cimetière, et nous apercevons un énorme nuage de poussière au loin, qui s'approchait d'ici.

- Sûrement des fanatiques, dit alors le Paladin.

- En effet, confirme Natalya.

- Il est inutile de chercher à s'enfuir, ils sont beaucoup trop rapides, terminé-je.

- Très bien, alors préparez-vous, moi, je ne peux pas vous aider, ordonne Robu.

Chacun se prépare à sa manière. Kordan prie son Dieu, Gyal vérifie le nombre de ses flèches et teste la corde de son arc serti de deux diamants sans défauts, ce qui lui donne un avantage certain sur les morts-vivants. Thal-Karoulh trace un pentacle noir sur le sol, et invoque l'aide de Trang-Oul, le Dragon-Nécromancien. Natalya empoisonne ses serpes suwwayah. Quant à moi, je vérifie la durabilité de mon set quand une voix résonne dans ma tête :

- Dhraak... Tu n'as pas besoin de vérifier la durabilité du set, ma seule présence l'empêche de s'abîmer.

- Entendrai-je des fantômes, interrogé-je mentalement.

- Non, pas des fantômes, mais un esprit, et pas n'importe lequel, celui du Roi Immortel.

- Très bien. Je suppose que c'est également vous qui m'avez poussé à vous invoquer ainsi dans la Tombe ?

- Oui, c'est vrai. Je peux prendre pour quelques minutes le contrôle total de ton corps.

- Dans ce cas, je vous demande de ne plus le faire, et de ne me parler que lorsque je vous en aurais prié. Est-ce clair ?

- ... D'accord, fait la voix, d'un timbre qui indique sa déception.

C'est ainsi que nous nous préparons à la plus grande bataille qu'aucun de nous ait jamais vue. Les rangs ennemis comptaient pour 90 % des fanatiques, mais ce que nous ne savions pas, c'est que des Chamans Déchus accompagnaient les petits êtres rapides.
Dès que nous sommes tous fins prêts, je lance quelques ordres de bataille, ensuite je m'élance, seul, à l'assaut des monstres. Mes compagnons tentent de me suivre, mais je suis trop rapide. Même Natalya, avec sa Rapidité, n'arrive pas à me suivre. Elle me crie :

- Reviens, tout seul, tu n'y arriveras pas !

- Non, je ne mourrais pas, répondé-je, une fois de plus sous l'influence de l'esprit de mon aïeul, car je suis invincible !

Je me rapproche à grande vitesse des fanatiques, et le contrôle de mon arrière-arrière grand-père cesse. Je me rends alors de deux choses : premièrement, mon aïeul a encore pris, bien que je le lui aie interdit, le contrôle de mon corps, deuxièmement, il y a des Chamans Déchus avec les fanatiques !

Mais cela ne m'empêche pas, après plusieurs cris qu'on dut entendre à des kilomètres, de foncer sur les premiers rangs des fanatiques et de fracasser tous ceux qui passent à ma portée. Je n'ai presque aucun mal à tuer un seul fanatique, mais quand ils sont à cinq ou six sur moi, c'est une autre paire de manche. Je dois sans cesse me retourner pour défoncer le crâne du petit monstre qui essaie avec l'énergie du désespoir de me faire mal.

Cependant, les Chamans Déchus ne restent pas inactifs. Ils se mettent à ressusciter à tout bout de champ, ce qui me donne du fil à retordre. Je comprends alors qu'il me faut tuer tous les Chamans Déchus, car sinon, c'est moi et tous mes amis, y comprit Robu, qui seront perdus ! Cette pensée me remplit d'une énergie nouvelle, et je me fraye un chemin vers les Chamans.

Pendant ce temps, mes amis sont arrivés sur le champ de bataille, et ils font des ravages, grâce à une stratégie très efficace : en première, faisant bloc, Natalya, ensuite, soit utilisant ses auras, soit combattant, Kordan, et, en derniers, Gyal et Thal-Karoulh, lancent leurs sorts ou tirant des flèches. Ils progressent à l'intérieur même des rangs ennemis, mais bientôt, la nasse se referme sur eux. Ils sont obligés de former un cercle avec au centre le Nécromancien et l'Amazone, et autour d'eux le Paladin et l'assassin, qui doivent sans cesse courir pour intercepter les fanatiques qui s'approchent.

De longues minutes s'écoulent, et le seul résultat notable est que j'ai éliminé tous les Chamans. Seulement, je sais à présent que je ne survivrai pas à cette bataille. Je n'ai pas de blessures sérieuses, mais la fatigue se fait horriblement sentir. Malgré des multitudes de Trombes, de Berzerks, et d'autres Cris de guerre, je fatigue, de plus en plus.

Mes amis, eux se débrouillent bien. En dépit des longues minutes de combat acharné, ils continuent de se battre avec une vigueur assez incroyable. Kordan ne déclenche plus beaucoup d'auras, il préfère se battre directement. Gyal tire des dizaines de flèches à une vitesse hallucinante, Thal-Karoulh ressuscite le plus de fanatiques possible, invoques des golems d'argiles et des nécromages, et maudit également ses ennemis. Malheureusement, son mana n'est pas infini, et bientôt il se voit obligé de se battre au corps à corps, jusqu'à ce que Kordan déclenche une de ses auras, qui redonne au Nécromancien son mana. Il hurle au Paladin :

- Merci, mon ami !

- De rien.

Natalya, elle, faisait des ravages. Non seulement ses serpes empoisonnées décimaient rapidement tout groupe qui tentait de s'opposer à elle, mais ses compétences de Concentration et de Libération massacraient des monstres par dizaines.

Quant à moi, je deviens de plus en plus faible, je n'ai plus de mana, et bientôt je ne peux plus me tenir debout, et encore moins combattre. C'est pourquoi, après un coup de Pierrefendre sur le crâne d'un fanatique qui s'en trouve encore plus horrible, parce que défoncé, je m'écroule, attendant la mort tout en sachant que j'ai fait de mon mieux. Mes yeux se ferment de fatigue, et je m'endors, même si je sais que les fanatiques ne me laisseront pas la chance de me réveiller. La dernière chose que je perçois nettement est un cri. Etait-ce un cri de douleur, de victoire, ou de terreur ? Je ne saurais le dire.
Je ne suis pas mort. Je le sais car je sens sous moi un lit de tissu, et dans le Paradis des Barbares, il n'y a pas de tissu, mais une matière beaucoup plus fine et plus douce dont il y a énormément de choses à dire, mais pas maintenant. Etrangement, on ne m'a abattu. Je n'ai plus mal, mais je ressens encore la fatigue. J'ouvre avec peine les yeux, car j'ai l'impression de le faire pour la première fois. Je devine plus que je ne vois les visages souriants de mes amis. Nous sommes dans une tente de fortune, dressée je ne sais où.

-Mes amis... Je ne... suis pas mort... pourquoi ?

-Nous avons gagné la bataille, Dhraak, me répond Natalya. Sans peut-être le savoir, tu as tué tous les Chamans, et plus de la moitié des fanatiques. Nous avons éliminé le reste, nous t'avons soigné, et transporté ici. Tu dormais depuis trois jours sans interruption.

-Et... Robu ?

Tous baissèrent la tête, et les sourires disparurent des visages. Cette fois, c'est Kordan qui me répondit :

-Il est mort, mon ami. Il a été tué par des fanatiques nous n'avons remarqué où il a hurlé de terreur en voyant les sbires du Mal bondir sur lui.

« C'était cela, ce cri que j'ai entendu avant de m'endormir, me dis-je » A ces mots, mes yeux se fermèrent à nouveau, et des larmes perlèrent sur mes joues. Mes compagnons pleuraient aussi. J'eus soudain une idée :

-Thal-Karoulh, toi qui es Nécromancien, ne pourrais-tu pas le ressusciter ?

L'interpellé me regarda, les yeux toujours pleins de larmes, et me répondit en ces termes :

-Je pourrais peut-être, mais il deviendrait un être soumis entièrement à ma volonté, incapable d'agir de lui-même, devant me suivre pour survivre. Et je ne veux bafouer ni sa liberté, ni son âme.

-... Je comprends, achevai-je.

Malgré mon état de fatigue extrême, je continuai à poser des questions, jusqu'à ce qu'on me dise de dormir en paix, en ne pensant qu'aux bons événements récents.

Je fus bientôt debout, et nous levâmes le camp, qui avait été installé près de l'endroit où l'ont avait enterré Robu. Nous rendîmes un dernier hommage à son âme, puis nous poursuivîmes la route.

Elle nous mena, après une ou deux semaines de marche, à un endroit appelé : « Le Camp des Rogues », où on ne nous laissa entrer qu'après un interrogatoire et une fouille serrés. Nous profitâmes de l'hospitalité que les Rogues semblaient manifester à l'égard de tous les aventuriers présents ici. Mes amis firent réparer leurs armes par Charsi, une forgeronne. Ayant exercé ce métier un ou deux ans pendant mon adolescence, je pus constater qu'elle était très douée. Nous prîmes quelques jours de repos, rencontrant et parlant avec ceux qui vivaient ici. Je fis connaissance de Kashia, la chef des Rogues.

Un soir, elle nous convia à l'auberge qu'en tant que bon Barbare, je me devais de fréquenter. Elle nous dit que près d'ici, se trouvait un lieu, une grotte, qui regorgeait de monstres qui menaient aux Rogues la vie dure.

-En aventuriers que vous êtes, nous dit-elle, je ne doute pas que vous irez nettoyer ce lieu corrompu, mais laissez-moi vous conseiller : n'y allez pas immédiatement, ratissez les plaines autour du camp, vous y trouverez des monstres assez puissants, qui vous de gagner assez d'expérience pour aller dans la Grotte, car c'est ainsi que l'on nomme ce lieu.

Je savais que ce conseil était, mais suggérai une alternative :

-Vos conseils sont avisés, Kashia, mais, sans médire de vous, je propose que Kordan, Natalya et moi allions nettoyer la Grotte, pendant que Thal-Karoulh et Gyal ratissent les plaines.

Je savais également que mes propos allaient provoquer de vives réactions chez mes compagnons, aussi ne fus-je guère étonné quand l'Amazone s'écria :

-Ce n'est pas juste, vous vous réservez le beau rôle, pendant que nous, nous allons marcher et peut-être avoir besoin de vous !

-C'est vrai, renchérit le Nécromancien, pourquoi vous et pas nous ? Nous ne sommes pas plus faibles !

-Il faut reconnaître, ajouta Kordan, que ce choix n'est pas des plus justes. Peux-tu le justifier ?

Je marquai un temps d'arrêt, puis répondis à mes amis :

-Bien sûr, les monstres dans la Grotte étant plus forts que ceux qu'on a rencontré pour l'instant, et vu que dans une grotte les attaques à distance sont moins efficaces, des combattants au corps à corps comme Natalya, Kordan et moi, auront plus de succès, tandis que dans la plaine, l'arc et les sorts de Gyal et de Thal-Karoulh ne laisseront aucune chance à nos ennemis.

Dire qu'ils furent convaincus immédiatement serait mentir. Ils ne se rangèrent à mon point de vue qu'après de longue minutes de combat d'argumentation vocale acharné.

Rompus de fatigue, nous partîmes nous coucher après avoir décidé d'attaquer le surlendemain. Sur le chemin de ma tente, Natalya me fit la conversation.

-Quel effet cela te fait-il d'avoir l'esprit de ton aïeul en toi ?

-Cela m'apporte une aide considérable, un soutien moral constant et une résistance accrue.

-Eh bien, fit-elle avec un soupir, tu as réussi à convaincre deux têtes de mule à crapahuter dans les plaines tout en assurant de beaux combats, chapeau !

-C'est vrai que je ne suis pas peu fier de moi, lui répondis-je en souriant.

-Bon. Bonne nuit, Dhraak !

-Toi aussi, Natalya.

Nous nous quittâmes sur ces mots, et aussitôt dans mon lit, je m'endormis. Le lendemain, ce fut non pas le soleil qui me réveilla, mais une fois de plus l'assassin !

-Allez, Dhraak, debout ! Le soleil s'est déjà levé !

-Mmmmmh.... Laisse-moi dormir encore un peu !

-Hors de question, aujourd'hui, on s'occupe des préparatifs, alors pas question de traîner au lit comme un loir !

Je la suivis hors de mon lit douillet, et je remarquai qu'hier soir, je n'avais même pas pris la peine de me déshabiller avant de me coucher. Après avoir contourné une tente, nous tombâmes sur une énorme créature faite de métal et recouverte d'épines redoutablement pointues. Natalya et moi réalisâmes alors avec horreur que nous avions laissé nos armes dans nos tentes respectives.

Une silhouette apparut derrière la créature. C'était Thal-Karoulh.

-Eh bien, quoi ? Vous n'avez jamais vu de Golem de Fer ? Je viens juste de l'invoquer à partir d'un bout de fer laissé par Charsi pour m'entraîner.

A ses mots, je soupirai de soulagement, puis je vis arriver le Paladin.

-Bonjour, mes amis ! A ce que je vois, notre ami Nécromant peut désormais invoquer des Golems de Fer !

-Et oui, MOI, au moins, j'ai de bonnes compétences, répliqua l'interpellé.

-Quoi !! Oserais-tu bafouer par de viles paroles la Puissance du Zakarum ?

-Ta puissance, tu sais où tu peux te la mettre, continua le profanateur, un sourire narquois aux lèvres.

-Je... vais... te (Kordan bafouillait quand il était vraiment en colère)... faire... tâter... de... mon... épée !

-Ca suffit, on dirait des gamins de quatre ans, m'écriai-je.

Les deux concernés se regardèrent, gênés, puis se serrèrent la main en s'excusant. Ensuite, après avoir fait l'achat de potions en tout genre, de nourriture et de boisson, et après être allé prendre nos armes, Kordan, Natalya et moi nous nous assîmes par terre et nous mîmes à discuter. Soudain, nous entendîmes un bruit qui n'était que trop familier : celui de fanatiques en mouvements.
Sans perdre de temps, je confie ma stratégie à mes amis : Natalya prendra à revers les monstres, tandis que Kordan et moi les attaquerons de front. Ils acceptent. Nous sommes conscients que si nous échouons, le camp sera perdu. L'assassin part dans les bois, le Paladin se cache derrière une tente vide, et moi derrière une caisse, de façon à ce que nous puissions (moi et Kordan) nous voir. Dès que les monstres sont assez près, je fais un signe au servant du Zakarum, et nous passons à l'attaque en hurlant. Les fanatiques, surpris, ne peuvent réagir immédiatement car leurs rangs sont beaucoup trop serrés, et bousculés par le Paladin et par moi. Cependant, ils finissent par nous encercler, et nous devons bientôt déployer toute notre puissance pour les contenir. Pendant que je m'emploie à catapulter les montres avec des Trombes, Kordan se met à donner des coups tellement rapides que si une demi-douzaine de fanatiques s'approche de lui, elle a toutes les chances de se retrouver découpée en rondelles en moins de dix secondes.

Je suis très impressionné par la vitesse d'attaque de mon ami, mais je reste inquiet à propos de Natalya : ne devrait-elle pas nous avoir rejoint à l'heure qu'il est ? Est-elle tombée sur un groupe de monstres trop puissant pour elle ? A cette pensée mon coeur se serre, et j'enchaîne Trombe sur Trombe, Cri sur Cri, et Berzerk sur Berzerk, tandis que le Paladin déclenche une série d'auras offensives. Nous sommes presque venus à bout des fanatiques, et il ne reste qu'un groupe compact, d'une trentaine de monstres, environ. Je fonce sur eux, mais avant que je ne sois parvenu au premier du groupe, quand des éclairs, jaillis d'on ne sait où, foudroient les rangs ennemis. Moi et Kordan sommes stupéfaits, mais ce n'est pas encore fini. Des jets de flammes, eux aussi provenant d'on ne sait où, calcinent les survivants. Ces éclairs et ces jets de feu semblent provenir en fait, d'objets de forme étrange posés à même le sol. Puisque le combat est fini, j'interroge l'assassin qui s'est contentée de regarder le combat, nonchalamment adossée à un arbre, sur ces éclairs, ces jets de feu et ces objets bizarres. Elle me répond en riant :

-Oh, ça, ce sont ce qu'on appelle des Pièges. Certains émettent de la foudre, comme ces Sentinelles Eclair, d'autres des flammes, comme ces Sentinelles Inferno. C'est parce que j'en ai mis beaucoup et que je les ai disposés soigneusement que j'ai mis du temps avant d'agir.

Pour ma part, j'étais très impressionné. Notre amie dévoilait des pouvoirs de plus en plus extraordinaires au fur et à mesure que nous progressions dans notre montée de niveau.

Nous nous réunîmes dans la taverne (où, soit dit en passant, j'avais déjà goûté à toutes les bières), bavardant gaiement, et ensuite, notre attention fut attirée par un étrange personnage voûté, entièrement recouvert de noir, avec un capuchon rabattu sur le visage. L'individu venait juste de s'asseoir, et promenait son regard dans la taverne. Nous ressentions tous qu'il n'était certainement pas un ami. Sans me concerter avec mes amis, je me lève, et j'entraîne le mystérieux personnage dehors, pendant que mes amis payent les quelques tonneaux de bière que j'ai vidés.

Dès que nous sommes, moi et l'individu louche, hors des regards, je le fais s'adosser contre une tente, et je lui dis :

-T'as pas de chance, parce que je ne vais pas te laisser repartir avant de t'avoir posé quelques questions. A mon avis, tu viens de très loin, donc tu es un ennemi. Je me trompe ?

A ce moment, j'entends Thal-Karoulh qui me crie :

-Attention, Dhraak, écarte-toi de lui ! C'est un mage squelette de Glace !

La créature laisse tomber ses loque noires, se déplie, dévoilant un immense squelette dont les mains brillent d'un éclat bleuté.. Dans ses orbites creuses luit une lumière rougeâtre. Le mage squelette souffle, de sa voix gutturale :

-Tu as vu juste, Nécromancien, cependant, ni toi, ni tes amis ne partiront vivants de ce camp que mes maîtres corrompront sous peu !

Sur ces mots, il éclate de rire, et me lance une boule d'énergie bleue. Lorsqu'elle me touche, je ressens un froid intense, mais grâce à mes résistances naturelles, je ne gèle pas. J'assène au mort-vivant un coup qui le catapulte sur deux mètres, mais il retombe debout, néanmoins très affaibli. Au moment où je vais lui donner le coup de grâce, il déchaîne tout son pouvoir contre moi. Il me ralentit de telle façon que je ne parviens plus à le toucher. Alors qu'il va me donner un coup de dague empoisonnée, je vois une multitude de flèches se ficher dans ses os, ce qui le fait hurler de douleur, ensuite il tombe par terre. Ses mains ne brillaient plus, et la lueur dans ses orbites s'est éteinte. Je remerciai Gyal, qui récupéra ses flèches supplémentaires, puis nous allâmes rendre compte à Kashia de ces attaques, et elle en conclut que le pouvoir des Trois Frères s'était accru dangereusement, et que si on ne les stoppait pas bientôt, le monde ne serait plus d'ici peu qu'une copie de l'Enfer.

Nous finîmes la journée en entraînements, mais une fois au lit, aucun de nous ne put trouver le sommeil.
Cependant, malgré la nuit blanche générale, pour quelque raison mystérieuse, nous étions fins prêts à aller affronter le Mal. Nos adieux furent brefs, et nous décidâmes de revenir le plus tôt possible, via un portail que nous activerons là-bas. Nous partîmes, chaque groupe de son côté, et nous commençâmes le chemin.

Nous parlions peu, et nous ne rencontrions presque pas de monstres, à peine quelques zombies trop lents pour nous éviter. Le soir, nous installâmes le camp dans une clairière, au milieu d'un bois. Nous prîmes chacun notre tour de garde, et la nuit se passa sans incident.

Cependant, le lendemain, je ne trouvai plus Kordan. Natalya et moi l'appelâmes longtemps, puis un bruit nous parvint. Ce n'était pas un bruit de monstres en mouvements, mais celui de feuilles et de branches coupées par une lame. Nous attendîmes, intrigué, et peu de temps après, nous aperçûmes avec soulagement le Paladin.

Je l'interrogeai sur les raisons de son absence, et il me répondit que dans son sommeil, une voix l'avait réveillé, et lui avait dit d'aller en un lieu du bois où il avait trouvé, sur un autel gardé par des monstres peu puissants, une épée sertie de trois diamants et de deux topazes, tous purs. Il avait aussi remarqué une rune gravée sur cette épée. Comme nous n'avions aucune connaissance en matière de runes, nous ne pouvions l'identifier. Nous décidâmes qu'une fois rentrés au camp, nous irions demander à Charsi de nous révéler quelle était cette rune. Nous levâmes le camp quelques minutes plus tard, et nous continuâmes vers la Grotte. Dès que nous y parvînmes, nous sûmes aussitôt que nous pouvions trouver la mort en ce lieu bafoué par la corruption.

Néanmoins, nous trouvons le courage d'y entrer, après avoir activer un portail menant au camp des Rogues. Nous rencontrons des monstres plus puissants que ceux que nous avons vu jusqu'ici, mais jamais très nombreux. Ce sont pour la plupart des morts-vivants que Pierrefendre et l'épée de Kordan éliminent avec une facilité déconcertante. Je sais que les diamants, sertis sur une armes, ajoutent des dégâts contre les morts-vivants, mais je ne sais pas à quoi servent les topazes. En voyant les coups (très rapides, même sans sa compétence spéciale) que Kordan assène, je vois des éclairs qui frappent nos ennemis, mais je ne sais pas que ce sont en fait les topazes qui les provoquent. Natalya m'explique que les topazes, une fois sertis sur une arme, ajoutent des dégâts d'éclair, les rubis, des dégâts de feu, les saphir, des dégâts de froid, et les émeraudes, des dégâts de poison.

Plus nous progressons dans le Repaire du Mal, plus nous sommes gagnés par une perversité et une malice qui semblent émaner du centre de la Grotte, dont les parois sont éclairées par des torches qui, apparemment, ne se consument pas mais continuent de brûler. Au bout d'un moment, nous devinons que nous sommes arrivés à pied d'oeuvre.

Une salle aux dimensions titanesque remplie de monstres en tout genre se dévoile à nos yeux. Immédiatement, nous découvrons d'où émane le pouvoir qui tient les morts-vivants sous contrôle. Assis dans un trône couvert d'un sang que quelque magie noire maintient frais, un Mage Noir nous regarde, d'un air sûr de lui.

-Allons, mes frères, hurle-t-il, écrasons ces idiots !

Tout en le plaignant pour sa famille, je saute sur les malchanceux zombies et autres squelettes du premier rang. Je lance un Ordre de Bataille, et je me met tranquillement à tourner sur moi-même dans une Trombe, en direction du chef des morts-vivants, suivi par Kordan et Natalya, qui ont compris ma tactique.

Le Mage fait de son mieux pour ressusciter ses « frères », mais mes amis tranchent presque systématiquement (on ne peut malheureusement pas toujours faire ce que l'on veut) la tête des morts-vivants, les empêchant ainsi de ressusciter. Quant à moi, je progresse, tant bien que mal, tantôt lançant quelques Cris, tantôt utilisant le Berzerk, car la Trombe envoie les monstres trop loin pour qu'on puisse prendre le temps de leur couper la tête. Les seuls monstres qui échappent parfois à mon passage destructeur sont les Sombres, qui parviennent à se faufiler sous les coups que je tente de leur asséner. Quand le Mage comprend qu'il ne gagnera rien à gaspillant son mana en tentant de ressusciter ses sous-fifres (qui d'ailleurs se font aussitôt retuer), il se met à déchaîner son pouvoir contre nous. Je suis projeté contre un mur, tout étourdi, et mes amis sont assommés, face contre terre, par un véritable ouragan de magie noire.

Il éclate de rire et se moque de moi, et en profite pour insulter mes parents et mes amis. Erreur fatale, quand on se bat contre un Barbare, car tous ceux de mon peuple trouvent toujours d'ultimes ressources dans un combat qui semblait perdu pour eux quand on insulte un de leur proche.

Bouillant de colère, je hurle si fort que les murs de la salle en tremblent. Je serre Pierrefendre tellement fort dans mes mains que mes jointures en sont blanches. Le Mage a perdu son air bravache. Il a même peur, à en juger par la tête qu'il tire. Un éclat de lumière soudain me fait baisser les yeux. Quand je vois d'où il vient, je ne suis qu'à moitié étonné. C'est la tête de mon Marteau qui brille. Sans réfléchir, comme si j'avais arrêté depuis longtemps ce que je ferai maintenant, je lance Pierrefendre de toutes mes forces. Il va si vite que le Mage Noir ne peut l'éviter.
Au moment où le Marteau heurte le Mage, une explosion se produit. Son souffle me projette par terre. Je me relève, et quelques chose tombe à mes pieds. La tête du Chaman, à peine reconnaissable tellement elle a souffert de l'explosion. Je soupire de soulagement, car je sais que la Grotte est enfin purifiée. Avant d'aller réveiller mes amis, je me met en quête de Pierrefendre que je trouve, aucunement abîmé ni souillé, à la place où se trouvait le Mage Noir avant d'exploser.

Ensuite, je réveille mes amis, et je leur fais boire des potions de santé. L'explosions a ravagé la salle sur les trois quarts de sa surface, et nous ne trouvons rien à emporter, même pas un seul petit coffre, ou un peu d'or. Nous sortons de la Grotte, et nous empaquetons nos affaires, que nous avions laissées, cachées dans un bosquet. Quelques minutes plus tard, nous sommes prêts à repartir, mais nous nous rendons compte avec horreur qu'aucun de nous ne sait comment utiliser le parchemin qui est censé nous permettre d'invoquer un portail déjà dirigé vers le camp des Rogues.

Tour à tour, nous essayons de l'ouvrir, sans succès. Soudain, Kordan a une idée. Il pose le parchemin par terre, devant lui, et s'assied en tailleur, en tenant son épée levée vers le ciel. Il ferme les yeux, et se concentre dans une prière adressée à son Dieu. Environ une minute plus tard, la lame du Paladin se met à briller. Kordan se relève, prend le parchemin dans sa main droite, son épée dans la gauche. Il se met alors à débiter une longue série de mots en latin dont je n'ai pas retenu la moitié.

Comme il dit ces mots, la lueur quitte sa lame et se fixe sur le parchemin, puis ce dernier s'embrase. Ses cendres tombent par terre, doucement, et un portail s'ouvre devant nous.

-Waoh, fais-je, où as-tu appris ça ?

Le Paladin se tourne vers, l'air satisfait, et me répond :

-Je ne l'ai appris nulle part ! Cela m'est venu, comme ça. Je ne vois pas comment je pourrais te l'expliquer plus clairement.

Nous poussons des soupirs de soulagement. L'après-midi était déjà très avancée, et nous commencions à désespérer de rentrer avant le soir. Nous rentrâmes au camp, où tous nous acclamèrent et où on nous apprit que nos amis n'étaient pas encore rentrés. Natalya et Kordan partirent voir Charsi, pour l'identification de la rune, et aussi pour faire réparer leurs armes, et je les suivis. En voyant l'épée du Paladin, la forgeronne s'écrie :

-C'est une Lame du Colosse ! De plus, elle est sertie de gemmes pures ! Comme vous en avez, de la chance, de posséder une épée comme celle-ci, servant du Zakarum !

-Je vois, fit Kordan, un sourire satisfait aux lèvres, mais quelle est cette rune ?

Charsi examina la rune, puis sourit. Elle leva la tête et répondit au Paladin :

-N'avez-vous pas eu l'impression de frapper plus vite qu'à l'accoutumée, avec cette épée ?

Le servant du Zakarum s'accorda un temps de réflexion, puis confirma :

-En effet, il m'a semblé que je frappai plus vite que d'habitude, mais pourquoi cette question ?

-Parce que cela confirme ce que je pense de cette rune. Cette rune se nomme Shaël, et, gravée sur une arme, comme cette épée par exemple, elle augmente la vitesse d'attaque. Mais, racontez-moi, où et comment avez-vous trouvé cette épée ?

Kordan lui raconta comment il avait entendu la voix qui le poussa à se lever en pleine nuit pour aller récupérer la Lame. Après la réparation des armes de mes amis, nous allâmes à la taverne où on nous demanda le récit de nos exploits dans la Grotte. Ce fut Kordan qui conta notre périple, pendant que je vidais quelques choppes de bière, et que Natalya examinai le fil de ses serpes.

Nous prîmes ensuite congé de nos admirateurs, puis dans notre tente, un repos bien mérité. La nuit se passa sans incidents, et tous dormirent d'un sommeil sans cauchemars. Le lendemain, nos amis n'étaient toujours pas revenus. Je partis voir Kashia dans sa tente au soir. Elle était assise sur une chaise, tête baissée, mais je n'en tins pas compte.

-Kashia, nos amis ne sont toujours pas de retour. Je devrais peut-être partir à leur recherche.

La chef des Rogues leva la tête, et je me rendis compte à ce moment-là qu'elle était en train de pleurer. Des larmes coulaient encore sur ses joues. Lorsqu'elle me répondit, ce fut d'une voix déformée par le chagrin :

-Dhraak... Ecoute, je pleurais sur mes parents. Ils ont été tués par l'armée de Diablo, il y a quelques années. Bon, ne parlons plus de cela. Concernant ce que tu me demandes, je me vois dans l'impossibilité de t'accorder cette requête. Le récit de tes exploits dans la Grotte, et je ne doute pas de ta puissance, mais je pense qu'il faut attendre. Tu sais, les Plaines sont grandes, et ils peuvent ne pas avoir encore tué tous les monstres qui les peuplent.

Sur ces mots, elle sortit de sa tente, et je la suivis. Dehors, tout était calme, quand soudain un portail s'ouvrit au beau milieu des tentes. De ce portail sortirent Thal-Karoulh et Gyal, puis un homme de haute taille, vêtu de peaux. Eux aussi eurent leur lot d'applaudissements et d'acclamation. Un personnage seulement n'était pas à l'aise, l'homme aux peaux, un Druide, apparemment. Nous interrogeâmes nos amis sur leur périple dans les Plaines et sur ce personnage étrange, mais ils ne voulurent pas répondre, et se précipitèrent dans leurs tentes pour s'endormir immédiatement. Tous firent peu de temps après de même. Bizarrement, le Druide préféra dormir dehors.

Le lendemain, dès que nous fûmes réveillés, nous nous habillâmes précipitamment, et nous fonçâmes interroger de nouveau Gyal et Thal-Karoulh. Ils soupirèrent, puis nous allâmes, accompagnés de l'homme aux peaux, dans la taverne. Là, la langue déliée par les verres successifs, le Nécromancien et l'Amazone nous racontèrent leur aventure.
« Au début, commença l'Amazone, nous ne savions où aller. Puis nous avons vu au loin un nuage de poussière qui avançait dans la même direction que nous. Nous l'avons suivi pendant quelques jours, puis un autre groupe a rejoint le premier. Nous avons continué malgré tout. Un soir, je me suis... euh,...

- Endormie, suggéra Thal-Karoulh, un sourire narquois aux lèvres.

- C'est cela, continua-t-elle précipitamment, et je me suis réveillée devant un énorme zombie.

- Elle a crié tellement fort qu'elle m'a réveillé, et a alerté tous les groupes de monstres, qui, nous l'avons constaté après, semblaient converger vers un point d'où part une pente menant au camp des Rogues.

- Nous nous sommes battus longtemps, mais malgré tous nos efforts, nous allions succomber, quand trois Tornades, provoquées par Tohar, le Druide, emportèrent la plupart des zombies et des autres monstres, et il les finit avec un Cyclone. Nous avons discuté avec lui, et il nous apprit qu'il faisait partie de la Confrérie des Maître de la Nature, mais qu'il en avait été exclus depuis qu'il avait lu le Livre Sacré de Pouvoir Druidique conservé au coeur du monastère de Jhal-Modeo, et que, depuis sa lecture, il maîtrisait parfaitement ses compétences d' « Eléments », mais en matière d' « Invocation » et de « Métamorphose », il avait baissé de façon notable.

- Quand je dus quitter la Confrérie, poursuivit Tohar, je fus juste autorisé à garder mes armes.

Un silence lourd de réflexions accompagna cette déclaration. Silence que je rompis de cette façon :

- Et depuis, tu erres, cherchant les réponses aux questions que tu te poses, éliminant tous les sbires du Mal que tu vois, n'est-ce pas ?

- ... En effet, me répondit le Druide, et je ne les ait toujours pas trouvées. Cependant, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens plus puissant, depuis que j'ai lu le Livre.

- C'est normal, répliqua Gyal, ce n'est n'importe quel livre !

- Je me suis mal exprimé, se corrigea Tohar, ce que je veux dire, c'est que je me sens comme... choisi, ou investi d'une grande responsabilité.

- Nous avons tous la même impression, Tohar, confirma Kordan,, et c'est sans doute parce que nous sommes choisis.

- Nous sommes choisis, s'étonnèrent le Druide et moi-même.

- Oui, par l'Archange Tyraël.
- Qui est-ce, et pourquoi sommes-nous choisis ?

- C'est un Archange qui s'occupe du plan des mortels, dans la guerre entre le Bien et le Mal, et s'il nous a choisi, c'est parce qu'il pense que nous sommes les seuls à pouvoir défaire le Mal ici, et à le chasser du Monde.

Nous continuâmes à parler (et aussi à boire), passant d'un sujet à l'autre, sans gêne. Au bout d'un petit moment, sous l'influence de l'alcool, je posai une question que je n'aurais jamais dû poser à Kordan :

- Mais quelle est ton histoire, Paladin ?

Cette question sembla l'agacer et l'embarrasser profondément. Les quelques secondes qu'il passa à réfléchir à sa réponse eurent l'effet d'une douche froide sur moi. Je me rendis compte à ce moment de l'indiscrétion et de l'absurdité de mon geste. Finalement, il nous confia d'une voix remplie de tristesse :

- J'ai passé mon enfance dans un village non loin de Tristam, où se dressait sur une colline un grand temple dédié au Zakarum. Dès que j'eus l'âge requis pour que j'entre au temple, on m'enseigna la religion du Zakarum. Là, on me forma aussi pour devenir Paladin. A cette époque, j'étais fougueux, trop sans doute, et très orgueilleux. Lorsque ma formation fut achevée, on me donna des armes, et je partis, quittant mes parents, sans savoir que je ne les reverrai plus. J'ai erré longtemps, tout en devenant de plus en plus fort. Un jour, j'ai décidé de revenir chez moi, mais quand je dus de retour au hameau, je ne trouvai que mort et désolation. Partout on pouvait voir l'oeuvre du Mal : des cadavres mutilés horriblement et des ruines a peine reconnaissable, même pour quelqu'un ayant vécu ici longtemps. Parmi ces cadavres, je découvris avec horreur ceux de mes parents, que j'enterrai avec précipitation, dans ma hâte de vouloir venger ce massacre. Après cela, je restai un long moment à crier ma rage et ma tristesse, ce qui causa ma capture, non sans mal, car j'étais dans cet état de fureur ou plus rien ne compte, à part frapper, tandis qu'eux me voulaient vivants. On me dépouilla de mes armes, et on me jeta dans un cachot, seul. J'y restais longtemps, et là, d'autres eussent péri, car on me donnait très peu à manger, mais grâce à certaine de mes auras, je parvins à survivre. Au bout d'un moment, je décidai de m'évader. Lorsque l'on vint me donner ma soupe, je pris le bol que l'on me tendait, et je le lançai sur celui qui venait de me le donner. Il s'écroula, assommé, et j'en profitai. Je n'ai pas laissé au garde le temps de réagir. Je me suis emparé de sa lance, et je l'ai transpercé avec. Avant que l'on me conduise dans le cachot, j'avais pris soin de repérer le chemin jusqu'à la sortie. Une fois à l'air libre, je jurai de n'avoir de répit jusqu'à ce que la mort de mes parents et celle de mes amis ne soit vengée. Quelques jours plus tard, dans une taverne, un Paladin m'accosta. Il me dit qu'il pensait que je pourrai devenir un bon guerrier, et que si j'étais prêt, je pourrai prendre des armes chez quelqu'un qu'il connaissait et continuer ma quête, quelle qu'elle soit. Je lui répondis que l'on m'avait formé Paladin, et que ce serait avec joie que je prendrai des armes meilleures que la lance pitoyable que je portai toujours sur moi. Il me mena dans une forge, où il prit pour moi une épée, un bouclier, et un casque. Je gardai ces armes, depuis. Enfin, maintenant, j'ai une bien meilleure épée, acheva-t-il en riant.

Il avait prononcé ces mots en tirant son épée, de façon à ce que ceux qui ne l'avaient pas encore vue la découvrent enfin. Gyal, Tohar et Thal-Karoulh restèrent bouche bée devant cette Lame, qui semblait sertie à souhait.

- Cette épée semble être d'une grande puissance, souffla le Nécromancien, mais quel est son nom ?

- C'est une Lame du Colosse, et elle est serti de trois diamants purs, de deux topazes purs eux aussi, et d'une rune, Shaël, qui augmente ma vitesse d'attaque, répondit Kordan.

- Mais où l'as-tu trouvée, s'enquit l'Amazone.

- ... C'est assez compliqué... Disons simplement que ce sont des voix qui m'ont indiqué l'endroit où elle se trouvait, fit-il avec un clin d'oeil dans ma direction et celle de Natalya.

- Allez, mes amis, au lit, nous cria Kashia, demain, je vous parlerai de votre prochaine quête !

- C'est vrai qu'il faut vraiment être en forme pour écouter Kashia, plaisantai-je.

Le coeur léger, nous regagnâmes notre tente. Une fois dans mon lit, je me demandai pourquoi Tyraël m'avait choisi pour, avec les autres, débarrasser ce monde du Mal. Mentalement, j'interrogeai mon aïeul :

- Roi Immortel, mon aïeul, ne savez-vous pas qui est précisément ce Tyraël ?

- Non, me répondit-il, je n'ai connu dans ma vie aucun Ange, encore moins des Archanges. A l'époque, je doutais même de leur existence.

Je profitai alors du fait que j'étais en discussion avec mon arrière-arrière grand-père pour le questionner à propos de la Bataille des Steppes :

- Au fait, pouvez-vous justifier le fait que vous ayez pris le contrôle de mon corps, avant la Bataille des Steppes, bien que je vous ait interdit de le faire ?

- ... Désolé, mais je n'ai pas pu résister à la tentation de posséder ton corps pendant ces quelques minutes. Je ne me suis rendu compte de mon erreur que plus tard.

- Quoi qu'il en soit, répliquai-je, ne recommencez cela plus jamais.

Cette discussion silencieuse s'acheva sur ces mots. Pendant encore quelques minutes, je restai ainsi, immobile. Soudain, à travers la toile de ma tente j'aperçus une lumière qui se posa juste devant ma tente. Je me levai, en ayant pris soin de prendre Pierrefendre avec moi, au cas où.

Une fois dehors, je me rendis compte que je n'avais aucun besoin de mon Marteau. En effet, la créature venue des cieux n'était autre qu'un Ange, ou un Archange (je ne sais pas s'il y a des différences physiques remarquables entre un Ange et un Archange) .

- Qui êtes-vous, murmurai-je, et que voulez-vous ?

- Dans ton monde, me répondit l'être céleste, on m'appelle Tyraël.
- Tyraël ? Mais que faites-vous ici ?

- Comme tes amis te l'ont appris, je m'occupe du plan des mortels dans la guerre contre le Mal. Je suis venu te voir, car je dois t'avertir de certaines choses au sujet de ta prochaine quête.

- Mais Kashia ne doit-elle pas nous en parler demain ?

- En effet, mais je dois aussi t'en parler.

- En quoi consistera-t-elle ?

- Vous devrez aller dans un cimetière tuer Bloodraven, une Rogue corrompue qui est en train de lever une véritable armée mort-vivantes là-bas.

- Très bien, mais que devez-vous me dire à propos de cette Bloodraven ?

- Ce que tu dois savoir, c'est qu'elle tire des flèches de flamme, que toi seul peux supporter, car tu es celui, dans ton groupe, qui as les meilleures résistances aux éléments.

- Mais que feront mes amis pendant ce temps ? Et comment tuerai-je Bloodraven ?

- Tes amis élimineront le plus de morts-vivants possible, tandis que toi, tu tueras la Corrompue.

- Mais comment, m'impatientai-je.

- Tu trouveras la réponse.

- La connaissez-vous ?

- Oui.

- Alors pourquoi ne me la donnez-vous pas ?

- Il y a certaines choses que l'on doit découvrir par soi-même.

- Sans doute, répliquai-je, mais alors pourquoi m'avoir donné ces renseignements si c'est pour me dire ensuite que je devrais trouver la réponse moi-même ? Je ne comprends pas.

- Tu comprendras, et plus tôt que tu ne le crois. Je préfères quand même te dire que tous, même les plus puissants, y compris les Archanges, peuvent commettre des erreurs que des mortels ne feraient pas.

Je n'insistai pas davantage, car je savais que ce serait inutile. De toute façon, un Archange a ses raisons. Je lui faisais confiance, mais quelque chose me dit que Tyraël avait oublié de prendre en compte quelque chose. Je décidai de remettre cette question à plus tard, car j'avais vraiment sommeil. Cependant, la nuit me réservai encore des surprises, mais d'une autre nature, cette fois.

Quelques minutes plus tard, j'entends des pas très légers, presque inaudibles, sur l'herbe. « Ce doit être Natalya, me dis-je ». C'est bien elle, mais telle n'est pas ma surprise quand elle entre dans ma tente ! Elle ne porte rien sur elle, et, à son regard profond, je devine ses intentions. Sans que nous nous disions quoi que ce soit, elle se glisse sous ma couverture, et nous nous embrassons. Après ce baiser, je lui demande :

- Mais pourquoi fais-tu cela ? Et pourquoi avec moi ?

- Parce je t'aime, Dhraak.

- Moi aussi, Natalya, mais je ne savais pas comment exprimer le sentiment que j'éprouvais et que j'éprouve toujours à ton égard. Maintenant, je sais comment : en te disant la même chose que toi tu m'as dite, je t'aime.

Sur ces mots, je l'embrasse à nouveau. Je sais parfaitement ce que je dois faire, mais je décide de faire durer cette attente. Je me presse contre elle, et elle fait de même. Elle descend sa tête, tout en embrassant mon corps exalté par ces sensations nouvelles. Arrivée au niveau de mon bassin, ses lèvres rencontrent mon pénis comme par hasard, et voilà Natalya qui se met à le lécher, puis à le prendre à pleine bouche. Son mouvement de va-et-vient m'excite de plus en plus.

Bientôt, je ne peux plus résister à mon désir. Je fais s'asseoir Natalya sur mon bassin, et elle se penche en avant pendant que je la pénètre. Après quelques mouvements intravaginaux, nous atteignons l'orgasme.

Je me retire, et nous échangeons un dernier baiser, avant de nous séparer. Natalya regagne sa tente, et moi je reste dans mon lit, éveillé, le regard vide, tout à mes pensées. Je pensais surtout à ce que je venais de faire, et au plaisir que cela m'avait procuré.
Le lendemain matin, pour une mystérieuse raison, je n'étais pas très en forme. Natalya non plus, apparemment. J'écoutais d'une oreille distraite les informations que Kashia était censée donner au groupe entier sur notre quête, à l'intérieur de sa tente. Soudain, une voix furieuse me tira de mon demi-sommeil :

- Dhraak ! Qu'est-ce que tu fais ? Depuis tout à l'heure, tu n'écoutes rien de ce que je dis, tu dors !

Je baillai ostensiblement, puis je répondis à la chef des Rogues :

- Peut-être, mais j'ai des circonstances atténuantes.

- Lesquelles ?

D'une voix encore un peu endormie, je racontait mon entrevue avec Tyraël, et j'en profitai pour rapporter les paroles étranges qu'il avait prononcées à mon sujet.

- Il doit avoir ses raisons pour penser cela, suggéra Thal-Karoulh.

- Sans doute, lui dis-je, mais je crois qu'il a oublié de prendre quelque chose en compte.

- Quoi, interrogea Gyal.

- Je pense qu'il a oublié de prendre en compte la nouvelle épée de Kordan. Elle est incroyablement efficace contre les morts-vivants, comme Bloodraven.

- Donc, conclut Natalya, tu suggères...

- Je suggère de changer légèrement la stratégie proposée par Tyraël. Voilà, je propose que Gyal et Thal-Karoulh se tiennent à l'arrière, lançant leurs sorts ou tirant des flèches. Devant eux, faisant bloc pour les protéger, Natalya et ses pièges. Les deux qui sont derrière progressent en même temps que Natalya, tandis que Kordan et moi nous nous frayons un passage vers Bloodraven pour la tuer. Je vous rappelle que ceci n'est qu'une suggestion, et que vous n'êtes pas obligés de l'accepter sans rien dire.

Les autres s'accordèrent un moment de réflexion. Contrairement à ce que je pensais, ce fut Kashia qui prit la parole la première :

- Je vous ai dit ce que j'avais à vous dire, maintenant, c'est à vous de décider ce que vous allez faire.

Sur ces mots, elle sortit de sa tente. Kordan prit alors la parole :

- Je ne connais pas votre avis, mais en tout cas, je suis d'accord avec Dhraak. Je pense que sa stratégie nous assure la victoire.

- Je suis du même avis que toi, Kordan, fit Natalya.

Les deux derniers firent savoir une dizaine de secondes plus tard qu'ils étaient eux aussi convaincus. Nous sommes ensuite sortis faire achat de potions de nourriture, de boissons, réparer (pour mes amis) les armes, bref, à préparer notre expédition. Nous nous sommes assis après dans l'herbe, et nous commençons à discuter de tout et de rien. Soudain, une silhouette ailée descendit du ciel. Je rassurai mes amis qui déjà levaient leurs armes :

- Baissez vos armes, c'est Tyraël !

Ils me regardent, étonnés, puis laissèrent tomber leurs armes par terre. L'Archange se pose, puis s'approche de nous.

- Tu avais raison, Dhraak, j'avais oublié de prendre la Lame du Colosse de Kordan dans ma ligne de compte.

- Mais alors, si vous savez cela, vous devez nous surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre, s'écria Gyal.

- Oh, non, pas toujours, mais quelques fois, je vous surveille pendant quelques heures. Comme quand Natalya, Kordan et Dhraak sont allés nettoyer la Grotte, ou cette nuit, pour vous donner deux exemples.

Il a dit ces mots en tournant sa tête vers moi et Natalya. Elle et moi échangeons un regard gêné. Ni l'assassin ni moi ne souhaitions voir notre amour découvert, en tout cas pas maintenant. Tyraël s'exclama alors en riant :

- Je ne vous ferai pas le récit de cette nuit entière, ce serais beaucoup trop long pour vous.

- Très bien, mais pourquoi êtes-vous revenu, interrogeai-je.

- Premièrement, pour vous dire que j'avais oublié de prendre en compte la nouvelle épée de Kordan, ce qui est fait. Et deuxièmement, pour vous dire que la stratégie de Dhraak est sans doute la meilleure contre Bloodraven. Tenez-vous y, et vous gagnerez. Du moins, tel est mon avis.

- Nous vous faisons confiance, Tyraël, fit Kordan.

- Je n'en doute pas, Paladin, cependant, je me suis déjà trompé une fois, alors ne me faites confiance aveuglément, n'oubliez pas votre jugement des choses, il n'est pas le moins important.

Sur ces mots, il s'envola. Nous suivîmes des yeux pendant quelques secondes son parcours aérien, puis nous revînmes à nos affaires. Bizarrement, j'eus le sentiment que nous avions tous oublié quelque chose, ou quelqu'un. Je passais en revue dans ma tête les personnes que je connaissais, et le visage de Tohar se dessina très nettement dans mon esprit. Une lueur de compréhension m'illumina. Où était le Druide ? Personne d'entre nous ne l'avais vu ce matin.

- Attendez, fis-je, où se trouve Tohar ?

Mes amis se regardèrent, gênés de ne pas y avoir pensé plus tôt, et se lancèrent aussitôt à la recherche de notre ami. On pouvait les voir courir de ci, de là, appelant le Druide à pleins poumons à travers le camp. Quant à moi, je m'élançai vers la tente de Tohar, à l'intérieur de laquelle il n'y avait personne, néanmoins, un détail retint mon attention : un billet sur sa table, rédigé à la hâte, semblait-il. Il disait :

« Mes amis, quand vous trouverez ce billet, je serai loin de là où vous serez. Je regrette de m'en aller de façon aussi brutale, mais mon devoir de Druide m'appelle. Je ne vous dirai pas où, ni ce que j'y ferai, au cas où cette lettre tomberait en de mauvaises mains. Cependant, je tiens à vous remercier pour votre accueil inoubliable, et pour vos révélations au sujet de Tyraël. A ce propos, c'est lui qui m'a dit, ce matin, que je devais partir. Il m'a également dit que je serai plus utile ailleurs qu'avec vous. Croyez bien que c'est contre ma volonté.

Amitiés, Tohar »

La lecture de ce billet me plongea dans la consternation. Pourquoi Tyraël ne nous avait rien dit tout à l'heure ? Et qu'est-ce qui nous assurait que ce billet avait été écrit de la main de Tohar ? Ces sombres pensées n'avaient même pas quitté ma tête quand j'apportai le billet à mes amis, qui le lurent rapidement, et me posèrent ces questions que moi-même je me posai toujours, comme si j'en savais plus qu'eux.

- Mes amis, je ne sais rien de plus que vous. Je me pose depuis tout à l'heure les mêmes questions que vous me posez, et je n'en connais pas la réponse. Cependant, il me semble que malgré nos incertitudes, nous devons croire ce qui est écrit sur ce billet. De plus, dans la tente de Tohar, il n'y a pas de traces de lutte, et je doute fort que notre ami se soit laissé enlevé sans résistance.

Mes arguments semblent convaincre mes amis, qui restent pensifs. Comme moi, ils se doutent que Tyraël ne leur a pas parlé de Tohar intentionnellement. Natalya fut la première à rompre le silence :

- Eh bien, je crois que nous venons de perdre un ami, et en même temps un extraordinaire guerrier. J'espère pour lui qu'il ne périra pas dans la tâche que Tyraël lui a confiée.

- Moi aussi, renchérit Kordan.

- Bon, acheva Thal-Karoulh, je crois qu'il ne sers à rien de rester ainsi à ne rien faire. Il est temps pour nous de...

Le regard noir de Natalya l'empêcha de finir sa phrase.

- Toi, parvient-elle à articuler, si tu dis encore une seule phrase de ce genre, je te promet que tu vas finir ta vie avec une serpe suwwayah dans le ventre et la tête coupée bien net. C'est clair ?

Le Nécromancien recule, comme si l'assassin allait tout de suite mettre sa menace à exécution. Après un soupir, il murmure sur un ton d'excuse :

- Je suis désolé. Je m'en veux horriblement. Je crois que le départ de Tohar m'a énormément troublé, tout comme vous, et si j'ai dit... enfin, ce que j'ai dit, c'est parce que je ne voulais pas parler davantage de cela. Je vous demande à tous pardon, et en particulier à Natalya.

Nous acceptons ses excuses, et chacun repartit à ses occupations. Le reste de la journée se passa sans événement notable.

Le soir, nous nous couchâmes tôt. La nuit se passa calmement pour tous, même si deux membres de notre groupe (que je ne citerai pas) l'occupèrent dans mon lit. Le lendemain, nous étions tous fins prêts à aller affronter Bloodraven.

Notre départ se fit très tôt dans la matinée, et nous arrivâmes au cimetière en début d'après-midi. C'était en fait une espèce de terrain laissé à l'abandon avec un arbre (où, soit dit en passant, deux Rogues se trouvaient pendues) au milieu, en forme de croix. A deux extrémités opposées de cette croix, il y avait deux mausolées. Le cimetière était entouré de morts affamés et de squelettes, qui avançaient aussi vite que leurs jambes plus ou moins décomposées le leur permettaient. Derrière le portail, à l'intérieur des grillages, le gros des troupes de Bloodraven attendait l'ordre de la Corrompue, qui se tenait tranquillement sur la stèle d'une tombe.

- Mon armée va vous détruire, nous cria-t-elle.

Personnellement, je n'en étais pas aussi certain qu'elle. A ce moment, les morts-vivants autour du cimetière commençaient à se rapprocher dangereusement. Je m'adresse alors à notre groupe :

- Bon, j'ai une idée. Gyal et Thal-Karoulh, occupez-vous de ceux qui sont autour du cimetière, puis rejoignez-nous à l'intérieur.

Les deux concernés échangent un regard, puis vont à la rencontre des gardiens extérieurs du cimetière, tandis que Kordan, Natalya et moi courons vers le portail passablement rouillé que nous ouvrons, avant de nous précipiter sur les troupes de secours de Bloodraven qui sont balayées en quelques secondes.

C'est à ce moment que l'Amazone et le Nécromancien nous rejoignent : ils étaient débordés par les morts-vivants au-dehors, et ce malgré le golem d'acier et les nombreux (mages) squelettes invoqués par Thal-Karoulh. Les gardiens extérieurs arrivent par toutes les ouvertures dans le grillage. Bloodraven s'adresse alors de nouveau à notre groupe :

- Nul ne peut me vaincre ! Vous allez mourir ici, et j'invoquerai des zombies à partir de vos corps déchirés !

Ne pouvant tolérer ces paroles de la part de la Corrompue, je lui réplique :

- C'est beau de rêver, Bloodraven, mais nous sommes là pour te détruire, et c'est ce que nous ferons !

C'est sur ces mots que nous entamons la bataille contre les dernières forces de Bloodraven. Nous sommes largement inférieurs en nombre, mais nos pouvoirs combinés ne laissent aucune chance à quiconque s'approche de nous. Thal-Karoulh ne cesse de maudire les attaquants, quand il n'invoque pas des squelettes ou son golem, ou encore quand il n'utilise pas ses sorts de poison et d'os. Cela, cependant, le met souvent à cours de mana, et il ne peut continuer que grâce à ses potions de mana, ou à l'aura Méditation de Kordan.

Le Paladin, justement, se bat comme un véritable Dieu. Ses coups sont si rapides normalement, qu'il sont extrêmement difficiles à repérer, mais quand il utilise son sort Ferveur, là, c'est absolument impossible. Même s'il est encerclé par une demi-douzaine de morts-vivants, une secondes plus tard, il s'élance vers de nouvelles victimes.

Natalya, elle, n'est pas moins efficace. Entre deux pièges à lancer, elle utilise Tigre, Poing de Feu et Cobra comme concentrations, puis lance Vol du Dragon sur un zombie quelconque, qui explose littéralement sous l'effet de la puissance de ce coup. Sa technique, de plus, lui permet de ne pas avoir à utiliser souvent de potions de santé ou de mana, grâce à Cobra.

L'Amazone, après s'être postée sur une petite élévation, se met à larder des nombreux traits magiques les morts-vivants en approche. Certaines de ses flèches font exploser les zombies en une multitudes d'éclats de glace qui fondent ensuite, d'autres explosent à l'impact, et d'autres encore se démultiplient en une quinzaines de flèches.

Et moi, je fais comme d'habitude : j'écrase tout ce qui arrive, je crie un peu, de temps en temps, je montre aux morts-vivants la danse de la mort tournoyante, et j'utilise le Berzerk.

Tous nos efforts se révèlent couronnés de succès : les quatre cinquième des morts-vivants ont été éliminés, et Bloodraven commence à se battre. La preuve, la flèche enflammée que je retire de mon bras. Heureusement que j'ai les meilleures résistances du groupe ! La Corrompue tire d'un endroit assez éloigné du champ de bataille, entourée de mages squelettes. Je crie à Kordan :

-Kordan, Bloodraven est là-bas, entourée de son escorte. Il faut la tuer, maintenant. Occupe-toi de sa garde, je vais essayer de la renvoyer en Enfer !

Mon ami acquiesce, et fonce sur les mages, en levant son bouclier afin de se protéger des missiles des mages. Quant à moi, je me précipite sur Bloodraven, en évitant ses flèches. Au moment où je vais la frapper, elle parvient à me décocher une flèche enflammée dans le bras, puis une deuxième. Je les retire, et je bois une potion de santé, ce qui donne à la Corrompue le temps de s'apercevoir que son escorte vient d'être décimée par un Paladin qui s'approche d'elle, le bouclier levé et l'épée prête, et de s'esquiver.

Lorsque je me relève, je vois que Kordan est aux prises avec Bloodraven, et qu'il rencontre certains petits problèmes. En effet, il peut et il doit se protéger des flèches de la Corrompue, mais cela le ralentit, et permet à Bloodraven de s'échapper.

Pendant que le Paladin fait reculer l'ancienne Rogue, je me glisse furtivement derrière cette dernière afin de l'attaquer dans le dos. Mon ami, qui a compris mon intention, continue d'essayer en vain d'attaquer Bloodraven. Malheureusement, au moment où je vais asséner un bon coup de Pierrefendre, je ne sais comment, mais la Corrompue capte ma présence et plonge pour nous éviter, Kordan et moi. Erreur fatale. Dès qu'elle touche terre, je lance un Saut d'Attaque sur Bloodraven. Le coup de mon Marteau pulvérise le crâne de l'ancienne Rogue dans une effusion de sang noir.

Aussitôt après la mort de Bloodraven, son corps se met à flotter entre air et terre, et de ce corps partent des dizaines d'éclairs qui emplissent le cimetière et qui frappent les squelettes et les zombies, les anéantissant sur le coup. Après ce déchaînement de foudre, l'âme de Bloodraven s'échappe de son corps de démon, puis file vers les cieux, enfin libérée.

Je promène mon regard sur le cimetière, enfin libéré des morts-vivants qui l'infestaient, et je tombe sur le groupe arrière. L'Amazone et le Nécromancien sont penchés sur Natalya, couchée par terre, pâle comme un cadavre.

Je me précipite, plein d'inquiétude et d'appréhension, auprès de mes amis, suivi de près par Kordan.

- Thal-Karoulh, fais-je, que s'est-il passé ? Pourquoi Natalya est-elle inconsciente ?

Le Nécromancien relève la tête, les yeux dans le vague, comme s'il cherchait ses mots, puis me répond, tandis que Gyal reste penchée sur l'assassin :

- Natalya a fait preuve d'un courage et d'une habileté exceptionnels. Elle décimait nos ennemis avec une facilité déconcertante. Cependant, malgré le soutien de ses pièges, elle a fini par fatiguer...

- Et vous l'avez laissée là, sans rien faire pour l'aider ?

- Calme-toi, me conseille Kordan, et laisse Thal-Karoulh s'expliquer.

- Je disais donc, reprend ce dernier, qu'elle a fini par se fatiguer, et nous l'avons perdue de vue. Nous ne pouvions aller la secourir, car nous étions complètement encerclés de morts-vivants que mes créatures arrivaient à peine à contenir, même avec mes sorts et les flèches de Gyal. Lorsque nous avons retrouvé Natalya, elle était dans un état... Je préfère ne pas te décrire. Nous lui avons fait boire deux potions de santé, donc elle devrait bientôt se réveiller.

Nous attendons une ou deux minutes, et Natalya se réveille, enfin.

- ... Aah, mais, dit-elle en regardant tout autour d'elle, où sont les morts-vivants ? Que s'est-il passé ?

- Tout va bien, Natalya, fais-je en murmurant, nous avons tué Bloodraven, et donc, indirectement, tous les morts-vivants qui la servaient.

- Ouf, donc tout va bien, dit-elle en se relevant.

- Oui, murmurai-je, tout va bien.

En disant ces mots, je m'étais rapproché d'elle, et, me penchant sur elle, je l'embrassai sous les yeux ébahis de mes amis. Pendant ce baiser, je pris les mains de Natalya, et ne les lâchai pas, même une fois ledit baiser fini. Un sourire erra sur mes lèvres, et je me tournai vers nos compagnons en leur disant :

- Bon, les amis, on a deux mausolées à explorer, alors si je vous racontais le pourquoi du comment en chemin ?
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